Pin it!

Vernissage de l'Expo Autistik

Apprivoiser la Technique pour approcher l’Imaginaire, c’est tout le travail que met en place, Sabine Londot, professeur d’Arts plastiques au sein de l’institut Médico-pédagogique René Thône de Marcinelle.

Dans le travail de Raymond Drygalski, le focus s’ajuste autour des rudes histoires du Laminoir du Ruau, vingt-cinq années de fonte en fusion, de poussière âcre, que sa mémoire collecte dans des gravures devenues symboliques de notre Pays Noir.

.../...

MAISON-DU-HAINAUT30_resultat.jpegElie, Youri, Emma, Valentin, Huda, Aydin, Noah, Thomas, Quentin, Nadhir, Djemetata, Steve et Tony croisent leur individualité avec autonomie et empruntent le vaste sentier des arts.
Ils nous cèdent la clé d’une matérialité qui nous permet l’accès plein, à une créativité langagière à travers une série d’expressions qu’ils inscrivent dans la poésie du visible.

Le coup d’œil fort se trace dans les autoportraits photographiques, volontairement détournés en force vive et en détermination, qui s’allongent linéaux comme un paysage figuratif. C’est la grande évasion, animée dans des dynamiques différentes et des palettes chromatiques, absorbées autrement, d’un être à l’autre, on a bien affaire ici à un travail identitaire « You are a crazy person ».

De l’idée au geste, il n’y a qu’un pas à franchir, comme sur cette série présentée en taches bleues et qui semble naître d’une impulsion émancipée, un espace d’art brut qui laisse entrevoir tout le hasard dilué de l’humeur de l’instant. Ce temps accordé à l’esprit pour se mettre en liberté et laisser place à l’évaporé sans confusion de langage.

En traverse, le long accordéon de papier où l’assemblage d’autres pensées d’humeur farouche, indomptée, originelle s’entrecroisent autour d’une création voulue instinctive.

Il y a aussi ces linogravures, détaillées comme une série éclectique d’agitations cabalistiques, organisées entre pratiques et messages impénétrables, beaux et abrupts.

Une intranquillité, absorbée dans une trame abstraite ou vive, parsemée d’éclats épars, de sinuosités vagabondes, d’ondes agitées qui s’échappent d’un maillage parfois nébuleux, strident ou en épis.

C’est ce paysage de signes qui, aussi, entre en conversation soutenue avec les sites de nature sombre de Raymond Drygalski. On y retrouve la même solitude, le même cloître confiné, la retraite sans ornements, la vie, pensée dans un coin singulier…

MAISON-DU-HAINAUT33_resultat.jpegDans le travail de Raymond Drygalski, le focus s’ajuste autour des rudes histoires du Laminoir du Ruau, vingt-cinq années de fonte en fusion, de poussière âcre, que sa mémoire collecte dans des gravures devenues symboliques de notre Pays Noir.
Organisées comme une série de noblesses sombres et précieuses elles entrent en lien franc avec les travaux des treize jeunes artistes singuliers.

Seul le Noir, profondément unique, passionne Raymond, celui qui habille si pleinement les estampes et les gravures d’Asie, et qui est inscrit dans la mémoire de son passé charbonneux, celui qui aggrave un résultat impossible à obtenir en peinture et que, seule la gravure permet, celui qui consolide cette pensée de vouloir résorber l’inutile.
Un Noir qui en impose et accorde à la lumière de serpenter en griffe, en aplat ou en sillon de contour et sert une composition brute, concentrée en un petit format dense où l’œil a pour devoir de ne pas se disperser.

Au loin, les dernières maisons se figurent au milieu des terrils, les sentiers se dénudent de toute disgrâce et l’abstraction de l’être est élue absolue pour ne laisser place qu’à la noblesse hors-norme du « Black Country ».

La centrale du Rockerill, les terrils du Martinet, la centrale de la Mère cœur, le laminoir du Ruau, la cantine des italiens, tout a fière allure dans les confessions du graveur qui pactise en tenant ses émotions, ce sont elles qui guident son ouvrage avec tant de dévotion à la région en résonance à la rudesse de sa jeunesse.

Et puis, en un temps donné, il s’autorise la couleur, qu’il agence comme une éclaircie du site, des ciels « bleu roi », des terres de ruban zinzolin, du jaune impérial dans la plaine et du blanc en veilleur sans failles, ... lumière s’il vous plaît ! …

MAISON-DU-HAINAUT35_resultat.jpegRaymond Drygalski et les artist’élèves…
C’est cette analogie qui nous a intéressé, ce dialogue planté, improbable, au milieu d’un champ artistique académique et qui s’est permis ici.
Les paysages dépeuplés de Raymond Drygalski entrent en affinité avec les décors figuratifs des artistes.
Les noirs et les couleurs ne s’interrompent pas, la conversation a bien lieu entre les signes, les évocations sont connectées et les déclarations prises en compte.
La persistance qu’ils mettent, chacun à leur tour dans leur travail, est instinctive et elle peut être rapprochée. Il s’agit d’un spectacle intime où chacun a, dans son élan, l’envie d’entrer en langage avec l’autre et vous, qu’en diriez-vous ?

Sophie Vincent
Coordinatrice Exposition
Département de l'Action Citoyenne

AUTISTIK

AUTISTIK

Commentaires

  • Bonjour,

    Je viens de lire à l'instant votre article au sujet de l'exposition "Autistik" et j'aimerais savoir jusqu'à quand elle aura lieu et où?

    Je vous informe également que je suis éducateur aux Ateliers du 94 à La Louvière et que j'envisage d'emmener un groupe de personnes pour une visite dans le cadre d'une activité extérieure de notre institution.

    Merci de me tenir informé.

    Bien à vous

    José Alcaraz Fajardo

  • Bonjour. Vous pouvez trouver tous les renseignements ici:
    https://www.facebook.com/events/1444188962401723/

    Bonne journée, DT.

Les commentaires sont fermés.