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Le nouveau recueil de poésie de Pascal Feyaerts

L'hommage vibrant d'un fils à sa mère disparue. (Éric Allard)

Je ne sais comment parler de mon nouveau livre sorti depuis hier aux éditions le Coudrier, un livre pour célébrer une maman formidable d'humanité partie trop tôt et trop douloureusement, sorte de dialogue entre deux nuages, un livre d'espoir et d'amour filial, l'amour ne meurt jamais et qui peut dire en plus sur le devenir de l'âme... Qui sait où tout s'arrête et où tout recommence ?

 

Un livre pour ma famille et que j'ai offert à mon papa très ému hier soir. Un grand moment de partage. Un livre sur le deuil - qui n'a jamais vécu la perte et le désespoir ? - et comme dit Patrick Devaux dans la clôture de sa préface : "Devant la mort, le poète est une sentinelle qui attend l’aurore. Il ne cessera d’y croire." Je ne cesserais jamais d'y croire. J'ai les mots pour force et l'amour pour raison. Les très belles illustrations de Michel Van Den Bogaerde parlent d'un ton pastel. (Pascal Feyaerts)

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Pascal Feyaerts a été intronisé depuis peu membre de la très sélective association des écrivains belges (qui existe depuis 1902).

Titre : QuintessenCiel

Auteur : Pascal Feyaerts

Préface : Patrick Devaux

Illustrations : Michel Van den Bogaerde

Format : 14 cm / 20 cm - 57 pages, dont 4 illustrations couleur

 

Prix TTC : 16 €

ISBN :  978-2-930498-87-4

Disponible : 15 juillet 2018

http://lecoudrier.weebly.com/quintessenciel.html

Extraits :

 

Hors de moi ce corps inutile

Sans voix ni geste ni saveur

Semblais-tu nous dire sans oser

Nous froisser tandis que je tentais

A la virgule près de te faire renaître

Dans un poème que je tenais pour gorge

Seuls tes yeux nous parlaient

Et me ramenaient à mon enfance

Comme on descend un escalier

Qu’il nous faudra remonter seul

Un lieu habitable et étanche

*

Il ne se passe pas un moment

Où le ciel ne me parle de toi :

Je suis ton fantôme de plaisance

Je prends un bain d’ombre sous

Les nuages peu bavards où

Fleurissent des vagues d'amertume

Mon espoir a écorné à jamais la page

Du livre suspendu de nos mémoires

J’ai tout l’avenir derrière moi et pourtant

A la lueur d’une bougie partagée

J’allume le premier poème qui se présente

Tu aimais Papa, la nature, la peinture et les animaux, le Cora La Louvière, la caravane et tes fils – beaucoup, et ta petite fille – énormément. Tu aimais t'asseoir à une terrasse de café et t’abandonner au temps qui passe à l'ombre d'une Leffe blonde et les fêtes qui alimentent les saisons comme autant d'occasions de décorer nos vies. Tu aimais les voyages ainsi qu'être entourée de tes jardins dont tu étais tout à la fois le terreau et la fleur. 

*

J’irais plus loin que ta mort

Car ta mort n’existe pas

Je serai ta quintessence

Et tu seras mon ciel

Tu as le corps des saisons

Et pris tout l’espace pour manteau

Lors d’une prière de passage

Le regard fragile d’un oiseau s’invite

Et perce le marbre à même l’aurore :

Il me dit que tu vas bien
 
*

Le monde s’est séparé de toi

Et pourtant je te sais guérie

Dans la jouvence d’un nouveau jour

Dans l’enseignement d’un nouvel espace

Et dans l’évanouissement du sang

Tandis que malades nous sommes

Du vide que tu as laissé

 

Faudra-t-il que sereins nous avancions

Comme lentement on le ferait à tâtons

Alors que tout en nous nous invite à pleurer ?

Combien de larmes peut donc contenir un nuage

Avant qu’il ne se mette à pleuvoir ?

Tu nous as laissé ta trace et ton lustre

Ta gentillesse et ta disponibilité

Rien de tout cela n’a trépassé

Même pas toi ni ton regard

Que je revois à l’instant

Comme un souvenir solide

 

De ne voir que ton ombre

Ne signifie pas que tu n’es plus là

L’envers du soleil est bien plus chaud

Pour une âme que pour un corps

Est-ce pour cela qu’il fait ici si froid

Et que tu nous tiens à distance

De peur que l’on ne se brûle ?

 

Que tu nous sembles lointaine

Et pourtant à la fois si proche

Encore hier je te tenais la main

Je partageais ton repas et ton vin

Nous bâtissions des églises

Pour y déposer nos peines

Et l’hyménée des rires

Laissait cela à distance

 

Même douloureuse la séparation n’est qu’illusoire

Et combien fier est le bateau qui comprend

La grandeur de son naufrage

Et aspire à la quiétude comme

A un lieu habitable et étanche

 

Le ciel a rajeuni depuis ton hiver

En une saison unique et rayonnante

La volupté et la promesse d’une vie augmentée

A pris la place de nos échanges

Et le bonheur qu’aucun être ne peut

Connaître ici-bas t’est enfin délivré

 

L’univers n’attendait plus que toi pour

Exister un peu plus et un peu mieux encore

Apportes-y tout ton amour et le nôtre

Et qu’ils y scintillent ensemble

Éternellement

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