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Une remise insalubre de 12 m² pour 350 €

Forchies-la-Marche: Une dame logée dans une remise insalubre par des marchands de sommeil. C’est l’agent de quartier qui a alerté le parquet.

FAITS_DIVERS.jpgLors d’une enquête en vue d’une domiciliation, l’agent de quartier de Forchies-la-Marche est tombé par hasard sur cette victime de traite d’être humain. Une dame de 62 ans vivait dans une remise de 3 mètres sur 4 à l’arrière d’une maison de la place Destrée. Une cabane de 12 m ² sans eau courante, ni électricité, ni chauffage, ni WC pour laquelle elle payait 350 €/mois de loyer. Le CPAS de Fontaine-l’Evêque a pris en charge la victime, mais aussi ses exploiteurs. En effet, les propriétaires sont un couple de personnes âgées qui vivent eux-mêmes dans une grande précarité. 

Béatrice, 62 ans, avait emménagé le 8 avril dernier dans cette remise de 12 m² au fond d’une cour à l’arrière d’une habitation de la place Destrée à Forchies-la-Marche. Une cabane sans eau courante, ni électricité, ni sanitaire. Elle avait seulement un poêle à pétrole pour se chauffer et devait se rendre chez ses propriétaires pour aller aux toilettes et remplir des seaux d’eau.

EN PLUS LE TOIT PERÇAIT

1.jpgComme le toit de la masure perçait, elle avait dû installer des récipients pour récupérer l’eau de pluie. Pour ce chancre, elle payait un loyer exorbitant de 350 euros par mois. C’est lorsque la sexagénaire a voulu se domicilier à cette adresse que le pot aux roses a été découvert par une policière de la zone des Trieux le 14 juillet dernier. L’agent de quartier a aussitôt dressé un constat et alerté le parquet de Charleroi qui a ouvert une information. Les propriétaires seront prochainement interrogés et poursuivis pour traite d’êtres humains, avec la circonstance qu’ils ont profité de la vulnérabilité de leur locataire, au chômage et en situation financière précaire. Une infraction urbanistique sera ajoutée à la liste des poursuites puisque la remise avait été transformée en logement sans permis d’urbanisme. Ils risquent des peines de 6 mois à 3 ans de prison, des amendes de 500 à 25.000 euros et la confiscation du bien qui servait de logement.

PROPRIOS À PEINE MIEUX LOTIS

Le bourgmestre Noël Van Kerckhoven, sitôt informé de la situation, a demandé au CPAS d’aider la victime. « Cette dame bénéficie d’allocations de chômage dont elle risquait d’être privée si elle se retrouvait sans domicile fixe. On l’a donc domiciliée provisoirement au CPAS pour préserver ses droits. Les services du CPAS l’ont inscrite pour qu’elle obtienne le plus rapidement possible un logement social. En attendant, elle a préféré rester dans cette remise. Mais, le CPAS a dû aussi prendre en charge les propriétaires. Ce couple de personnes âgées est également confronté à une grande précarité et à de gros problèmes financiers. Leur maison est extrêmement sale. Il y a de gros problèmes de dépression de part et d’autre », explique le bourgmestre.

E.MA.

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