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Dossier Rovillard: 2 ans de prison

Globe-trotteur et pique-assiette.
Marianne Beuneau

Justice.jpegL’ancien maïeur de Fontaine-l’Evêque est poursuivi pour des faux et des détournements commis entre 2000 et 2008. À l’époque, il était à la fois bourgmestre de Fontaine, administrateur de l’AWIPH et président de Cube, l’association des communes de Belgique. Des « casquettes » qui lui ont permis de voyager loin et souvent, de la Chine au Liban en passant par le Canada, les États-Unis, la Grèce ou le Maroc. Au cours de ses 15 derniers mois de mandat communal, on a dénombré 35 voyages. Presque autant qu’une hôtesse de l’air…  

Georges Rovillard évoquait des « missions », des « colloques », voire des « symposiums »… Autant de voyages qui ont coûté cher aux finances de la Ville de Fontaine-l’Evêque et de l’AWHIP, l’agence wallonne pour l’intégration de la personne handicapée. Car l’ancien homme fort de Fontaine-l’Evêque avait la mauvaise habitude de se faire rembourser les frais exposés des deux côtés… même quand il se faisait inviter par une municipalité étrangère ! De préférence en Grèce ou au Maroc en été. À Paris ou à Lille quand s’y déroulait une expo intéressante. En Chine ou aux États-Unis quand c’était possible. 

Des vacances pas chères ! 

1.jpgRien n’est jamais « sorti » de ces colloques, ni au bénéfice de la Ville de Fontaine, ni à celui de l’AWIPH. Le seul qui en a retiré quelque chose, qui en est chaque fois revenu plus riche, finalement, c’est Georges Rovillard. Alors, au parquet, le substitut Emmanuelle Guisset lâche le mot : «C’était des vacances… Avec son épouse, dont les frais étaient pris en charge, eux, aussi, alors qu’elle ne jouait aucun rôle officiel dans ces voyages». Le système était bien rodé : Georges Rovillard se faisait rembourser ses frais de déplacement, de restauration, ses menues dépenses (champagne, parfum, vêtements, bouquins, pharmacie…). Il n’hésitait pas à ramasser quelques tickets de caisse au passage pour arrondir sa note finale. Et passait en force à la caisse de l’AWIPH comme à la caisse de Fontaine-l’Evêque, précédé de sa réputation de dictateur qui ne supportait pas d’être contredit. Un système Rovillard quasiment maladif, alors que lui et son épouse percevaient plus de 9000 euros de salaire chaque mois ! 

Il accuse les autres.

«Son système de défense ne tient pas la route, dit encore Emmanuelle Guisset.  Il parle d’erreur matérielle, d’erreur administrative mais jure qu’il était de bonne foi. Il affirme que la receveuse communale n’a pas fait son boulot, que c’était à elle de trier ses tickets de caisse et d’en refuser certains, il dit pareil pour les fonctionnaires de l’AWHIP. Mais tout le monde est d’accord : ce n’était pas possible de contrer Rovillard». La magistrate a donc requis 2 ans de prison contre l’ancien bourgmestre, sans s’opposer à un éventuel sursis partiel. Quant à l’épouse de Rovillard, qui suivait son mari en voyage sans se poser de questions, sans jamais se demander à quel titre elle était là et qui payait, elle pourrait obtenir la suspension du prononcé, une mesure de faveur. Le parquet a encore confirmé la transaction pénale sollicitée par l’ancien secrétaire communal Michel Carlier et l’abandon des poursuites contre l’ancienne receveuse, Mme Lejeune. 

Fontaine dans le rouge

«Tout cela s’est déroulé alors que les finances communales étaient dans le rouge et que la Ville était sous tutelle, s’est indigné Me Étienne Lambert, Rovillard n’en avait cure. Voilà le résultat de 80 ans de majorité socialiste absolue ! Il n’y a eu aucun contrôle interne ni externe, on l’a laissé faire ; Tout simplement». Il faut se rappeler qu’à l’époque, pendant que le maïeur visitait les palaces du monde entier, Fontaine-l’Evêque avait supprimé les tickets repas à ses fonctionnaires, pour épargner les finances communales ! Aujourd’hui, Fontaine souhaite récupérer 70.000 euros. Même discours du côté de l’AWIPH : «Depuis le départ de Rovillard, les missions à l’étranger ont baissé de plus de 50 % ! Et elles sont sévèrement contrôlées, tant sur leur pertinence que sur leur coût» explique Me Sandra Berbuto. l’AWIPH réclame aujourd’hui 15.000 euros. 

La semaine prochaine, la parole sera donnée à la défense des prévenus, Me Preumont, Me parlemo et Me Demine. 

AN.D.

 

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