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La receveuse ne pouvait pas contrôler.

1688255139.jpgSuite du procès de l’ancien bourgmestre PS de Fontaine-l’Evêque, Georges Rovillard devant le tribunal correctionnel de Charleroi ce mardi matin. Il est poursuivi pour des faux et des détournements commis au préjudice de la Ville de Fontaine dont il était maïeur ainsi qu’au préjudice de l’AWIPH dont il était l’administrateur général. L’ancienne receveuse communale Régine Lejeune a été entendue à l’audience : le parquet a décidé d’abandonner les poursuites à son encontre.  


Georges Rovillard a été un bourgmestre globe-trotter, c’est une certitude. Entre 2000 et 2008, quand il n’était pas dans son bureau mayoral au château Bivort, il se trouvait à Paris, en Tunisie, au Maroc, à Pékin, à Washington, au Canada, à Hanovre, au Mexique, à Chypre, au Liban, à Arles ou à Turin…

« missions professionnelles » 

Des voyages ? Disons qu’il préfère le mot « missions » ou encore « colloques » ou mieux « symposiums ». En tout cas, il s’agissait de déplacements à caractère professionnel qui permettaient de rentrer une note de frais. Et Rovillard ne s’en est pas privé : le Parquet le poursuit en effet pour des faux et des détournements. Ce que le Parquet reproche à l’ancien homme fort de Fontaine, c’est d’avoir un peu trop mélangé ses casquettes : se faire conduire à l’aéroport de Roissy par la voiture de l’AWIPH et réclamer des frais de kilomètres à la ville de Fontaine en assurant qu’il y était allé avec sa voiture personnelle, c’est pas top ! Réclamer des frais d’hôtel à l’AWIPH quand c’est Fontaine qui paie le voyage, c’est limite. Rentrer ses tickets de pharmacie, de chocolat, de champagne, de bouquins à l’administration de Fontaine-l’Evêque, en les faisant passer pour des frais professionnels, c’est pas délicat non plus… 

C’était le maître

Bien sûr, l’ancienne receveuse communale de Fontaine devait vérifier les comptes et mettre le holà : « J’aurais eu besoin d’une équipe efficace pour m’aider. J’ai eu un borgne et un aveugle… Et puis, M. Rovillard était le maître à la commune, il avait des accès de colères, les gens avaient peur de lui, même les membres du collège  » dit-elle. C’est elle qui, à chaque mission, dégageait des avances financières au bourgmestre : « Après la mission, il devait me fournir des justificatifs et rembourser la différence. J’avais beau réclamer, rien n’y faisait. Ou alors je recevais tous ses justificatifs en bloc en fin d’année et je ne savais pas vérifier faute de temps ; J’ai alerté le collège à plusieurs reprises, de même que la Tutelle, ce qui a fini par payer. En 2006, j’ai fait signer une reconnaissance de dette de 38.186 euros au bourgmestre ». 

Le parquet a annoncé qu’il abandonnait les poursuites à l’encontre de la prévenue, même si le tribunal reste saisi de son cas et devra trancher. Les plaidoiries et réquisitoires ont été reportés aux 21 et 28 juin prochains. 

AN.D.

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