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Les Diablogues: quand le langage a largué les amarres

1.jpg"Comment peut-on écrire une symphonie en étant sourd? » se demande Un, en pensant à Beethoven. Deux, qui se bouche les oreilles pour écrire, n’est pas surpris : « On n’écrit pas avec ses oreilles » répond-il. Les deux compères terminent sans conclure, en riant...

 

Dans les « Diablogues »(contraction de diable(s) et dialogues), Roland Dubillard, l'auteur, n'a pas écrit un récit continu, mais passe d'un thème à l'autre sans transition, à travers une dizaine de sketches. C'est ainsi que les deux personnages, le premier loufoque avec ses grosses lunettes (Frédéric Genovese) et l'autre pédant (Vittorio Tonelli), évoluent dans des univers différents, sans jamais se comprendre... Dans « Le Plongeon », ils tentent de plonger sans y parvenir... Dans « Le Ping Pong », ils jouent plus sur les mots qu’au tennis de table. Avec « Le Compte-gouttes », doser un médicament devient une inextricable énigme. L'absurde est encore au rendez-vous avec une musique qui se joue dans un placard, en cachette d’une épouse peu mélomane et en imitant le son des instruments avec la bouche... Dans ce spectacle, Roland Dubillard réinvente, à sa façon, le dialogue de sourd. Une belle joute verbale, un numéro réussi d'acteurs, avec un beau rôle pour Vittorio Tonelli. Agé de 17 ans et élève de Frédéric Genovese, Vittorio fera certainement parler de lui! 

J.-C.HERIN

« Les Diablogues » par le Théâtre aux trois coups, dans une mise en scène de Valérie D'Hane, sont à voir jusqu’au 7 février au Théâtre de la Bouteillerie à Fontaine l’Evêque, Boulevard du Nord ( face au n°64, les vendredis et samedis à 20h30 ( ouverture des portes à 19h) et le dimanche à 16h ( ouverture des portes 15h). Petite restauration possible. Réservation: 0485/991.530 - auxtroiscoups@gmail.com

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