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Les Cinérenc'Arts 2015/2016 de Big Brol

BigBrol.gifA LA MAISON DE LA LAÏCITÉ DE FONTAINE
Place Degauque,1 - 6142 Leernes (ancienne maison communale de Leernes)
LE JEUDI  08 OCTOBRE À 20H

GETT, LE PROCÈS DE VIVIANE AMSALEM de Shlomi Elkabetz, Ronit Elkabetz (France, Allemagne, Israel 2014). Avec    Ronit Elkabetz, Menashe Noy, Simon Abkarian plus

C’est un de ces films coup-de-poing qui laissent, longtemps après la dernière image, le souvenir d’un regard, d’une chevelure, d’une atmosphère, d’un mot. Le mot, c’est «Gett» («divorce» en hébreu), que Viviane Amsalem cherche à obtenir de son mari, Elisha, depuis de longues années, et qu’il s’obstine à lui refuser, mâchoires serrées, regard buté. L’atmosphère est celle d’un huis clos, dans un tribunal rabbinique, en Israël. On y perçoit cette violence sourde, cette souffrance qui découlent souvent de l’ignorance, du poids absurde des traditions. Difficile de croire que cette scène d’un autre âge se déroule aujourd’hui, dans un pays apparemment démocratique. Et pourtant tout est vrai. Le mariage civil n’existe toujours pas en Israël, seule la loi religieuse s’applique, et celle-ci reste du côté de l’homme.

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La femme ne pèse d’aucun poids, elle est contrainte au silence et à l’obéissance par la force de la loi et de ceux qui l’administrent : les rabbins. Après Prendre femme et les Sept Jours, le Procès de Viviane Amsalem est le troisième volet d’une trilogie réalisée par la comédienne Ronit Elkabetz et son frère Shlomi. Portrait d’une femme, mère de quatre enfants, se débattant pour retrouver son indépendance dans un pays moderne entravé par la vigueur de ses traditions. On y retrouve le même souci de filmer au plus près l’émotion, le non-dit.

Viviane Amsalem est incarnée par une formidable Ronit Elkabetz, silencieuse et blême dans sa robe noire, comme veuve de sa propre liberté, puis éruptive et débordante de sensualité quand elle lâche prise et dénoue lentement sa lourde chevelure jusqu’alors contenue dans un chignon. A l’écran, on ne voit plus qu’elle, masse de cheveux dans laquelle elle s’enroule et qui stupéfait autant qu’elle trouble les hommes présents dans la salle, et d’abord les rabbins épouvantés par le pouvoir érotique de la crinière.

Elkabetz a mûri. Son jeu, poussé à l’extrême dans les Sept Jours, s’est à la fois densifié et allégé. Elle occupe l’image et l’espace, même si Simon Abkarian compose un mari tout en contradictions, aimant malgré lui, incapable de comprendre qu’il demeure sous l’emprise d’une influence qui le dépasse, même si l’on frémit de bonheur à chaque apparition de Sasson Gabay, l’inénarrable héros du Cochon de Gaza et de la Visite de la fanfare, qui joue là un avocat plein de bons sentiments.

Nous ne dirons rien de la fin de ce film tragique et souvent drôle, car frôlant l’absurde, juste qu’il ne faut en aucun cas rater cette scène où Elisha doit prononcer la phrase qui, dans la loi rabbinique, permet à l’époux de rendre à sa femme sa liberté : "Et te voici permise à tout homme." Du désespoir ou de l’instinct de possession, on ne sait alors ce qui l’emporte en lui.

Libération

Cinéma & un verre de vin 3 E
Organisation :  BIG BROL asbl - le PROGRÈS asbl
Collaboration : La Province de Hainaut – Maison de la laïcité de Fontaine – Ville de Fontaine-l’Évêque - Article 27 - Fleurs Cristaline - SPRL - l'Étude (A. Fiore) – Bureau Patri SPRL - la SA Bouton

A LA MAISON DE LA LAÏCITÉ DE FONTAINE - Place Degauque,1 - 6142 Leernes (ancienne maison communale de Leernes)
Renseignements : 071 545 104 – 0497 535 034 - guidf7@gmail

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