Pin it!

Proximus : Ferrazzano libre

FAITS_DIVERS.jpgDeux nouveaux inculpés dans le dossier des arnaques 0900
Cinq personnes sont actuellement mises en cause dans cette affaire d’arnaque

Début juillet, une arnaque aux numéros de téléphone surtaxés commençant par 0900 est mise au jour par la société Proximus. Trois hommes sont alors interpellés et inculpés, parmi lesquels l’ancien braqueur condamné aux Assises, Angelo Ferrazzano. Après quelques semaines sous bracelet électronique, il a retrouvé la liberté hier : libéré sans conditions. Mais il reste inculpé dans cette affaire dont on estime le préjudice à 22.000 euros ! 
Dans cette affaire, tout commence un peu avant les vacances d’été. La société Proximus subodore une fraude informatique et engage un détective privé pour en avoir le cœur net. Certaines bornes téléphoniques semblent avoir été « bidouillées », notamment du côté de Fontaine-l’Évêque, ce sont celles-là qui sont mises sous surveillance…

Proximus.jpg

INCULPÉS MAIS LIBÉRÉS
Avec un résultat : début juillet, Proximus appelle la police. Un homme a été aperçu alors qu’il manipulait une borne téléphonique, il sera interpellé un peu plus tard, en possession de matériel de téléphonie. Olivier D. passe aux aveux circonstanciés, mais ne dénonce aucun de ses complices.
Le même soir, son beau-frère est pourtant interpellé quasiment en même temps : Angelo Ferrazzano a un passé de braqueur, mais il nie toute participation dans l’affaire. Dans la foulée, un troisième homme, Pino B., est, lui aussi interpellé et inculpé : on le soupçonne d’avoir créé la société fictive chargée d’encaisser les plus-values des 0900, ce qu’il nie.
Les trois hommes ont tout d’abord été placés sous bracelet électronique, avant de réclamer leur libération. Pino B., assisté de Me Elena D’Agristina, est le premier à avoir été libéré sous conditions par la chambre des mises en accusation. Ferrazzano et son beau-frère ont dû attendre ce mardi pour obtenir la levée de leur mandat d’arrêt, plaidée par leurs avocats, Me Fabian Lauvaux pour le premier, Me Thomas Puccini pour le second. Mais les trois hommes restent évidemment sous le coup de l’inculpation prononcée par le juge d’instruction Paul Dhaeyer.
Celui-ci a d’ailleurs depuis lors inculpé deux autres personnes dans ce dossier, un homme et une femme.


22.000 EUROS DE PRÉJUDICE
L’arnaque semblait plutôt bien ficelée. Elle nécessitait du matériel de téléphonie et un peu d’expertise technologique : des batteries, des amplificateurs, des récepteurs. Placés dans une borne téléphonique desservant un quartier, ce matériel permettait de détourner des contacts à distance (des appels vers des messageries roses ou vers des concours téléphoniques surtaxés) vers une société installée à La Louvière dont le seul but était de collecter les plus-values des numéros surtaxés.
À ce stade, l’opérateur Proximus estime le préjudice subi à environ 22.000 euros.
Mais un préjudice pour qui exactement ? Proximus n’a, en effet, finalement pas facturé ces surtaxes aux usagers « pigeonnés », ceux-ci n’ont donc pas dû payer les sommes indues…
Bref, il y aura sans doute des contestations, outre la responsabilité pénale des uns et des autres, sur la qualification des faits : fraude informatique ? escroquerie ? Tentative d’escroquerie ? C’est pas fini…


Yves Crikilion

Les commentaires sont fermés.