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Philippe Seghin revient sur ses 48 ans à Fontaine.

Toutes les bonnes choses ont une fin. Voilà comment on devrait résumer le sentiment actuel du conseiller communal et ancien bourgmestre de Fontaine-l’Evêque Philippe Seghin (MR). Ce dernier prestera ses 10 derniers mois en tant que conseiller. L’heure est venue de tirer un dernier bilan de sa carrière politique.

Au lendemain des prochaines élections communales, la vie de Philippe Seghin va clairement changer. De fait, celui qui fut bourgmestre entre 2006 et 2012 s’assoira sur 48 ans de politique locale. « Je pars sereinement », explique celui qui, il y a quelques mois encore, comptait se lancer dans une nouvelle campagne électorale (voir ci-dessous).

Sur 48 années de vie politique (voir ci-dessous), Philippe Seghin n’aura finalement été que six ans dans la majorité. « J’ai été bourgmestre entre 2006 et 2012. Au soir des élections de 2006, qui fut sans conteste mon meilleur souvenir, j’avais d’ailleurs réalisé, avec près de 2.300 voix de préférence, mon meilleur score. »

Le bourgmestre, ce messie

Il souligne qu’être maïeur fut une expérience très enrichissante, tout en précisant que pour ce poste, il faut savoir prendre de nombreux coups. « Nous sommes des punching-balls. Les citoyens nous interpellent pour tout et pensent que nous pouvons solutionner tous leurs problèmes. J’ai été fortement critiqué durant mon mandat. »

Durant ses six ans de mayorat, cela ne fut pas facile. « La situation financière de la commune n’était pas optimale. J’ai aussi pu prendre connaissance de toute la difficulté d’être bourgmestre, la lourdeur administrative pour finaliser les projets… »

Et les imprévus. Son pire souvenir? « Ce fut lors d’un jour de réveillon de Noël », se souvient-il. « C’était en 2010. À cause des fortes chutes de neige, nos équipes étaient complètement débordées. Beaucoup de citoyens se sont plaints que les routes étaient impraticables. J’ai donc fait appel à trois agriculteurs pour aider au déneigement des routes. Ce 24 décembre-là, j’ai passé la soirée du réveillon sur le terrain. »

En 48 ans, la commune aura beaucoup changé, notamment en ce qui concerne l’incivisme des gens. « C’est un véritable problème à Fontaine », pointe Philippe Seghin.

Ce dernier ajoute que l’avenir de la commune sera compliqué, selon lui. Fontaine-l’Evêque a, avec son passé industriel, du mal à se relever. « La Ville a accusé un retard, c’est certain. Peut-être n’avons-nous pas assez osé ou investi auparavant… De plus, les communes ont de plus en plus de compétences à gérer, et ce, sans moyens financiers supplémentaires. »

Un relais pour les citoyens

Philippe Seghin ne sera plus sur les listes mais promet d’être encore omniprésent. «Tant que ma santé le permet, je pourrai servir de relais entre les citoyens et les futurs élus. »

Et de conclure, « je vais profiter de la vie avec mon épouse. Je compte voyager. nous allons d’ailleurs prochainement rendre visite à ma petite-fille, qui est kiné sur l’île de la Réunion. »

O.Pâq.

42 ans dans l'opposition 

C’est en 1970 que Philippe Seghin décide, soutenu par Étienne Knoops de Rassemblement Wallonie, de se lancer en politique. « J’en avais marre de dire ‘y a qu’à’, au lieu d’agir. J’ai été directement élu. Élu, il le fut également sur la liste Alliance communale 6 ans plus tard, ensuite sur les listes PRL, et enfin MR. »

Entre 1970 et 2018, Philippe Seghin n’aura jamais quitté le conseil communal. « En tout, j’aurai fait 42 ans d’opposition contre 6 dans la majorité (NDLR: lorsqu’il est devenu bourgmestre entre 2006 et 2012). En coalition avec le cdH et Ecolo, nous avons réussi à renverser le PS, présent au pouvoir depuis au moins 8 décennies. »

Malheureusement, en raison des nombreuses tensions entre les membres du collège, la coalition vole littéralement en éclat à la fin de la législature. Tout profit pour le PS qui reprend alors le pouvoir.

Au cours de sa carrière, même s’il se dit être très attaché à sa commune, Philippe Seghin fut également député fédéral, entre 1995 et 2003. « J’ai été confronté aux problèmes du pays. Le tout en travaillant avec des personnes de très grandes valeurs comme Louis Michel, Daniel Bacquelaine ou encore Didier Reynders. »

O.Pâq.

ISPPC: Ancien président, il ne fait aucun commentaire 

Philippe Seghin a été président de l’ISPPC (institut de santé publique de Charleroi) durant plusieurs années. « J’ai remplacé Olivier Chastel à partir de 2007 et je suis resté à ce poste jusqu’en 2013 me semble-t-il », précise Philippe Seghin.

Alors, à la question de savoir ce que pense Philippe Seghin sur les affaires qui ont secoué l’ISPPC, et notamment sur les doubles jetons de présence des administrateurs – soit une double rémunération pourtant illégale depuis fin 2007–, il préfère botter en touche. « Joker! La situation est très difficile à l’ISPPC, je ne ferai pas d’autre commentaire », explique celui Philippe Seghin. « Je n’élude pas mes responsabilités mais je préfère attendre que la procédure judiciaire livre ses premiers verdicts. » En attendant et en dépit des scandales, Philippe Seghin souligne que du bon travail a été fait durant cette période. « Nous avons, entre autres, mené le projet de l’hôpital Marie Curie à Lodelinsart. »

O.Pâq.

Sa famille et Siciliano 

1.29.jpgJuillet de cette année, Philippe Seghin nous annonce qu’il va mener sa propre liste pour les prochaines élections. « Nous allons créer une nouvelle liste à forte tendance libérale. Sera-t-elle inscrite au nom du MR? On ne le sait pas encore. Cette décision sera prise par la fédération MR carolo. »

Cette idée de se lancer contre le MR de Michel Siciliano, élu par ailleurs tête de liste en assemblée générale au détriment de… Seghin, n’a pas plu aux fédérations libérales de la province du Hainaut et de l’arrondissement de Charleroi.

Tous ces épisodes médiatiques auront finalement eu raison de Philippe Seghin qui, une quinzaine de jours plus tard, décide de stopper la politique.

« C’est, d’une part, pour des raisons familiales », a-t-il expliqué à la mi juillet. « Mon épouse n’aurait sans doute pas supporté une nouvelle campagne électorale. Elle et mes deux fils m’ont dès lors convaincu d’en rester là. Ce sont désormais eux ma priorité. »

D’autre part, Philippe Seghin se voyait mal mener une campagne électorale contre le MR. Rester sur les listes libérales dans l’ombre de Michel Siciliano? Impossible…

 

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