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Culture carolo

Michel Bouquet et Szymkowicz unis par l'Art.

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Véritable monument du théâtre et du cinéma français, il a joué avec les plus grands: Delon, Gabin, Ventura, Richard,... et a même tourné en Belgique pour ‘ Toto le héros’ de Jaco Van Dormael. Vendredi soir, Michel Bouquet ( à l'âge de 91 ans, s'il vous plaît ! ) montait sur les planches du Centre Culturel d'Uccle dans ‘A torts et à raisons’.

Et c'est dans une forme tout aussi éblouissante que, la veille, ce dernier était accueilli par le peintre Charles Szymkowicz au CHU Marie Curie. Devant les 5 portraits de Marie Curie, et celui d'Albert d'Einstein, qui leur fait face, Michel Bouquet ( amateur d'art, il a incarné Renoir sur le grand écran ) était en extase: « Je suis très ému. Toutes les oeuvres de mon ami Charles sont véritablement grandioses!  Quelle puissance dans les couleurs et les expressions! » s'exclamait-il. Juliette Carré, son épouse, confiait: « Pour que Michel se lie autant avec quelqu'un, il faut vraiment qu'une forte complicité se soit installée!  » Très proche du public, l'acteur s'est approché de Gaston Dury ( 85 ans ), un habitant de Mont-sur-Marchienne, ancien dessinateur-mécanicien, qui lui a déclaré: « J'ai vu tous vos films!  » 

Jean-Claude Van Cauwenberghe, ex-homme fort du PS Carolo, s'est souvenu de soirées mémorables passées à Marseille avec le comédien. 

Dans l'atelier de Szymko

Charles et Michel se connaissent depuis la fin des années 70. « Je reconnais en Michel Bouquet un immense comédien, si pas le meilleur de tous !  » signale Charles Szymkowicz. « J'avais pris l'habitude de dîner avec lui aux ‘ Armes de Bruxelles’. Puis, je suis allé le voir dans de nombreux spectacles, dont ‘Les Côtelettes’ avec Philippe Noiret à ses côtés, au Palais des Beaux-Arts de Charleroi!  » Quant à Michel Bouquet, il a rendu visite à Charles dans son atelier à Gerpinnes. Un autre point commun lie les deux artistes : Léo Ferré. Il y a une dizaine d'années, Michel Bouquet avait enregistré un CD comprenant des textes lus destinés à être chantés. Il a remis le couvert pour un deuxième CD. Charles Szymkowicz a servi d'intermédiaire entre Léo Ferré et Michel Bouquet, pour ‘ Lettres non postées’. Le plasticien a rencontré personnellement Léo de son vivant, et s'est rendu dans sa famille en Toscane. La rencontre à Lodelinsart s'est terminée dans l'auditorium par la projection du film ‘Charleroyal, le K. Szymkowicz’ par Bernard Gillain avec Michel Bouquet en voix off. Charles Szymkowicz y était en compagnie de sa fille Sarah. 

Jean-Claude Herin

 

Un million d'Euros pour la culture Carolo.

3.jpgLa ministre de la Culture de la fédération Wallonie-Bruxelles Alda Greoli (cdH) était en visite à Charleroi ce vendredi avec pas mal de bonnes nouvelles. En 2017, le théâtre de l’Ancre, le BPS22, le Rockerill et le musée de la photographie vont recevoir de nouveaux subsides qui, cumulés, s’élèveront à un million d’euros ! Et il ne s’agira pas d’un événement ponctuel, puisque cet apport se répétera les années suivantes.  

La ministre de la Culture n’était pas peu fière d’annoncer les subsides à venir pour le Pays Noir : « 300.000 euros seront destinés  au BPS22 et la même somme sera attribuée au théâtre de l’Ancre. Le Rockerill et le musée de la photo auront, quant à eux, chacun droit à 200.000 euros. En tout, cela représente un million ! L’objectif est vraiment d’offrir une accessibilité à la culture à toute la population, car je suis convaincu qu’elle constitue un vecteur important d’éducation et d’émancipation. » 

Bonne nouvelle supplémentaire : il ne s’agira pas d’un one-shot, mais bien d’une aide qui se répétera dans les années à venir. Ce sont surtout le bourgmestre carolo Paul Magnette (PS) et la députée wallonne Véronique Salvi (cdH) qui ont défendu le projet auprès des autorités compétentes. « Cela répare aussi une injustice  », précise le premier cité. « Jusqu’à présent, Charleroi était pénalisée à hauteur d’un ou deux millions par rapport aux autres grandes villes wallonnes comme Namur, Liège ou encore Mons, même s’il faut reconnaître que les responsabilités étaient partagées. Par ailleurs, si nous voulions être crédibles, nous ne pouvions pas simplement aller réclamer des sous. Nous avons bossé avec les opérateurs pour voir les besoins réels et nous avons présenté des projets. Le BPS22 entre dans une nouvelle vie. On peut presque parler d’Ancre 2.0. Sans oublier le musée de la photo et le Rockerill qui devient une référence grâce à des bénévoles motivés.  » 

Et Paul Magnette poursuit : « Tout cela arrive en plus parallèlement à des investissements dans les infrastructures culturelles grâce aux interventions financières croisées de Fonds européens, de la Fédération Wallonie Bruxelles, de la Wallonie, de la Province et de la Ville. Je pense aux 18 millions pour le Quai 10, 7,2 pour l’Ancre, 5 pour le BPS22, 4,6 pour Charleroi Danse, 4,5 pour le PBA. Ou encore 850.000 euros au Musée des Beaux-Arts, 200.000 au Théâtre de la Guimbarde et 185.000 à l’Eden. Et d’autres projets arrivent, avec des opérateurs privés ! » 

L'avis des acteurs: bientôt une visite royale.

Rockerill.

« C’est inespéré pour nous, qui nous battons depuis onze ans  », explique Michaël Sacchi, le responsable. « Cela va permettre de récompenser des bénévoles qui bossent avec nous au quotidien. Par ailleurs, nous allons engager en 2017 un chargé de mission qui réfléchira à des pistes de financement pour un travail sur le bâtiment. Nous avons notamment l’idée de créer une coopérative avec d’autres asbl ou collectifs artistiques qui développent la culture alternative. Ils pourraient y mettre des bureaux ou des ateliers. » 

BPS22.

Pierre-Olivier Rollin, le directeur : « Nous sommes passés d’un centre d’art ouvert six mois par an à un musée permanent avec un budget de 1,2 million d’euros par an. Ce qui fait de nous le plus grand des petits ou le plus petit des grands en fédération Wallonie-Bruxelles. Et ce subside va faire du bien pour gérer les coûts. » Surtout que de nouvelles expos se profilent à l’horizon. « Nous allons en avoir une sur Marthe Wéry, une peintre belge très connue. Nous avons d’ailleurs déjà la promesse d’une visite royale, celle de Mathilde, à cette occasion. » 

Ancre.

« Avec les travaux, nous allons disposer d’un outil unique. Ce geste fort du politique va nous permettre de nous y préparer au mieux avec l’objectif d’aller vers un centre d’art dramatique  », pointe Jean-Michel Van den Eeyden, de la direction. 

Musée de la photo.

« Cet argent va nous permettre de bien fonctionner avec notre nouvelle aile  », note Christelle Rousseau, conservatrice.

Loïc Dévière

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