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A 12 ans, elle est harcelée sur Facebook

La commune réagit et met en place des ateliers.

Attention.pngDes enfants/pré-ados de 6 ème primaire des écoles communales de Fontaine-L’Evêque ont créé un groupe Facebook « Anti-Sandrine ». Le but ? Critiquer ladite Sandrine. La jeune fille de 12 ans est fortement touchée. Elle est clairement victime de cyberharcèlement. Après la découverte de cette histoire, la commune de Fontaine-L’Evêque a décidé de prendre les choses en main.  

Tout a commencé pendant les classes de neige des enfants de 6 ème primaire des écoles communales de Fontaine-l’Evêque. Les voyages, c’est un contexte propice aux petites amourettes. Même lorsque l’on a 11 ou 12 ans. C’est ainsi que Matt et Sandrine (prénoms d’emprunt pour protéger les mineurs d’âge) se sont rapprochés. Ils sont « sortis ensemble » peut-on dire. Mais cela n’a pas duré très longtemps malheureusement. Matt a décidé de s’intéresser à une autre fille de la classe et a quitté Sandrine. Ça arrive, ce sont les aléas des jeunes histoires d’amour… Mais le problème, c’est que les choses n’en sont pas restées là. 

De retour de voyage, Matt et ses copains ont décidé d’ennuyer Sandrine. Et pour cela, ils créent un groupe Facebook, dans lequel ils invitent tous leurs copains, et se mettent à critiquer et à tenir des propos insultants vis-à-vis de Sandrine. D’ailleurs, la page est nommée « Anti-Sandrine ». Il y a de plus en plus de « suiveurs ». C’est ainsi qu’un second groupe, appelé « Anti-Sandrine 2 », est créé. 

Une enfant blessée

Sandrine est clairement victime de cyberharcèlement. Sa maman, voyant l’état moral de la pré-adolescente se dégrader, s’inquiète et vient trouver l’assistant social de la commune de Fontaine-L’Evêque, actif dans les écoles en vertu du Plan Stratégique de Sécurité et de Prévention, Stéphane Glinne, qui prend immédiatement les choses en main car il comprend l’importance du problème. « On ne cesse de voir des suicides de jeunes personnes dans les médias. Suicides qui sont engendrés par du harcèlement à l’école, et notamment sur Internet. Ça nous touche  », explique-t-il. Alors sans attendre, il se renseigne et découvre que sur le site de Child Focus, il y a tout un programme pour apprendre à gérer ce type de problèmes. Il faut rencontrer les enfants et dénouer le problème. Et si cela fonctionne, pourquoi ne pas étendre l’expérience… 

Il en fait part au bourgmestre, Noël Van Kerckhoven, ainsi qu’aux membres du Collège communal. Et il a leur accord immédiat. « Il était hors de question de s’y opposer. Les petites communes sont aussi touchées que les grandes par ce problème de société. Stéphane est pro-actif et a parfaitement pris le contrôle de la situation  », explique le bourgmestre. 

Résolution par la parole

Les deux classes de 6ème primaire impliquées dans cette histoire sont ainsi convoquées à l’Hôtel de ville et reçues dans la salle du conseil communal par l’assistant social. « On a alors commencé à expliquer ce qu’était le cyber-harcèlement. On leur a expliqué que cela se passait sur les réseaux sociaux, sur Facebook notamment. Et puis on a continué en donnant un exemple : c’est comme si un élève créait une page Facebook dans le but de dire des méchancetés sur un ou une camarade, etc. », raconte Stéphane Glinne. Et les enfants comprennent… Ils comprennent qu’ils font du mal. « Deux fillettes sont sorties en pleurs. Elles faisaient partie du « groupe des harceleurs ». Elles sont venues présenter leurs excuses à Sandrine. Elle par contre était dans une phase de colère, ce qui est normal ». Matt, lui, n’a pas vraiment conscience du mal qu’il a pu faire. Mais le harcèlement a pris fin. Aujourd’hui, quelques mois plus tard, Sandrine va mieux. 

A.W.

 

Réaction: On va proposer des ateliers

 

Cette histoire a fait réfléchir la commune de Fontaine-L’Evêque. « On s’est rendu compte que le cas de Sandrine n’était pas forcément isolé. Il fallait faire quelque chose en termes de prévention. Stéphane Glinne a donc proposé de dispenser des ateliers dans les 6 écoles communales, dans les classes de 6 ème primaire », explique le bourgmestre, Noël Van Kerckhoven. « Le but est de préparer et de conscientiser les enfants avant qu’ils soient lâchés en secondaire  », précise Stéphane Glinne. Une trentaine d’animations seront ainsi prévues dans les écoles, selon le programme développé par Child Focus. La commune a aussi exprimé le souhait de rencontrer les directions des écoles libres de la commune afin de leur proposer de faire également des animations dans leurs écoles. 

« Et puis, au-delà des enfants, il faut aussi conscientiser les parents et les grands-parents. Certains ne sont pas toujours au courant des dérives qu’il peut y avoir. Je pense notamment à cette gamine qui me disait qu’elle avait trois comptes Facebook parce que quand elle s’ennuyait chez elle, elle se connectait et ajoutait des inconnus dans ses amis. C’est la porte ouverte à beaucoup de choses… Les parents doivent le savoir et faire attention  », s’inquiète l’assistant social. C’est ainsi qu’une série de conférences seront organisées. La première a eu lieu samedi. La prochaine est pour la 17 octobre. Elles ont pour but d’expliquer la problématique du cyberharcèlement. 

Enfin, des actions seront également réalisées dans les écoles secondaires de la commune. « Nous disposons d’un stand amovible que nous allons installer ponctuellement dans les cours d’écoles afin d’expliquer, de discuter et de distribuer des flyers informatifs aux adolescents  », conclut Stéphane Glinne. 

A.W.

Commentaires

  • Bonne réaction de la part de la commune!
    Ces ateliers auront-Ils également lieu dans les écoles du réseau libre?

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