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Forchies-la-Marche: drame sous un soleil de plomb

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Yves est décédé alors qu’il travaillait sur ce rond-point.
FVH. et montage sudpresse

Un drame est survenu ce jeudi en milieu d’après-midi. Yves, un ouvrier de 46 ans, est décédé subitement alors qu’il coulait du macadam sur un rond-point. Il faisait caniculaire, hier, et Yves avait chaud. Est-ce lié ?  

Yves Hublart avait 46 ans. Il travaillait depuis 21 ans pour la société Sogepant, une société active dans les travaux publics, routiers, hydrauliques et utilitaires dont l’une des filières est implantée à Anderlues.

Et c’est pour eux qu’il travaillait ce jeudi. Il était occupé, avec l’un de ses collègues, à couler du macadam sur le rond-point à la sortie du R3 à Forchies-la-Marche. Des travaux de finitions, comme nous précise son employeur. « À  midi, ils sont allés tous les deux chercher le macadam avec le camion. Ensuite, ils n’en avaient que pour 1h15-1h30 sur place  », nous explique Salvatore Terrasi, responsable de la société à Anderlues, aussi très durement touché par la tragédie. 

Malheureusement, alors qu’ils sont occupés à étaler le bitume, Yves s’effondre subitement. Son collègue tente alors de le réanimer, avant de recevoir l’aide d’un pompier de passage. Les secours arrivent rapidement sur place et pendant plus d’une heure, ils luttent pour le sauver. En vain. Yves ne reviendra jamais à lui.

Une crise cardiaque

« J’ai eu le médecin au téléphone et il s’agirait d’une crise cardiaque ou d’une embolie pulmonaire  », précise Salvatore Terrasi. 

Était-il cardiaque ? A-t-il fait un effort trop important ? Ou bien la très forte chaleur y est-elle pour quelque chose dans ce drame ? Ce qui est sûr, c’est qu’Yves avait chaud, très chaud, confirment certaines personnes sur place. 

Des questions se posent. Notamment du côté des automobilistes qui ont été témoins de la scène. « Ils travaillaient sous une chaleur de plomb, à couler du béton brûlant  », commente l’un d’eux. « Ils étaient rouges et remplis de sueurs  », explique un autre. 

La société emploie une quarantaine d’ouvriers à Anderlues. Dès que l’accident est survenu, le responsable a contacté son personnel pour lui demander de se mettre à l’ombre, apprend-on de source sûre. Mais alors, pourquoi ne pas adapter les horaires de travail de ces ouvriers ? La canicule était pourtant annoncée. Le drame aurait peut-être pu être évité, s’il apparaît que les deux éléments sont bien liés… Ce qui n’est en rien sûr pour le moment. « Le médecin m’a dit que son décès n’était pas lié à la chaleur  », affirme encore le responsable. 

Originaire d’Anderlues, Yves était marié et papa de deux enfants, âgées de 16 et 21 ans.

A.W.

L'être humain ne supporte pas de si fortes chaleurs

Bernadette Cuvelier est médecin urgentiste dans la région de Charleroi. Et accessoirement, elle est médecin « référence canicule » pour la Ville. « Je leur ai envoyé toutes les consignes à respecter en cas de fortes chaleurs, publié sur le site de la Ville  », explique-t-elle. Travailler sous de fortes chaleurs, est-ce raisonnable ? Non, nous assure-t-elle. « Dans les pays chauds, ils font des siestes en milieu de journée, ce n’est pas pour rien ! Faire des efforts physiques alors qu’il y a canicule, c’est vivement déconseillé ». 

Le soleil peut être néfaste pour la santé. « Tout d’abord, il y a le risque d’insolation. Ça induit un mal de tête, des vomissements… Ensuite, on peut aussi avoir des crampes. Avec la chaleur, on transpire beaucoup et on rejette du sel. Sans en absorber. Or, le corps en a besoin ! On peut également être victime de déshydratation si on ne boit pas assez. Ça se traduit par un épuisement, des vertiges, mal de tête… Et au-delà, c’est le coup de chaleur ! La température du corps augmente, comme de la fièvre mais sans bactérie. Ça peut être mortel. Et dans ces cas-là, les cardiaques, et même les cardiaques qui s’ignorent peuvent être en grand danger ». 

A.W.

 

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